15 ans à habiller les femmes. Et puis, un matin de janvier 2025, cette demande surprenante et inédite, aux allures de défi : réaliser la tenue d'académicien de Guy Savoy. Le cuisinier entre et fait entrer pour la première fois la gastronomie à l'académie des Beaux-Arts. Immersion dans les coulisses de ces 18 mois, à confectionner, dans le plus grand secret, cet habit vert.
Guy Savoy exprime le souhait d'une allure sobre, respectueuse de l'institution, et dans un refus de l'ostentatoire. Sa tenue se compose d'un habit réalisé dans un lainage dit "grain de poudre" épais, brodé des célèbres feuilles d'oliviers propres aux tenues d'académicien, un pantalon, un gilet blanc en piqué de coton, et une chemise en popeline. Le noeud papillon a été confié aux mains expertes de Cinabre.
L'allure semble, à première vue, résolument classique, en respectant les codes de l'habit vert. Cependant, dans les broderies vient se glisser la fantaisie propre au cuisinier. Les artichauts, emblématiques de sa cuisine, croisent des fleurs d'edelweiss ainsi que des pommes de pain, en hommage à la montagne qu'il aime retrouver dès qu'il peut. Un ballon de rugby, l'une de ses passions, s'est même glissé en bas de manche. Des détails subtils, comme autant de clins d'œil à la cuisine et à la vie de Guy Savoy.
"J'ai aimé ce projet en ce qu'il comportait d'inédit : un cuisinier à l'Académie des Beaux-Arts, une grande première. Un habit d'homme pour nous qui ne réalisons que des robes. De la couleur, quand nous ne touchions qu'à l'ivoire. Une tenue d'immortel, à l'heure du tout-jetable. Un grand Monsieur, qui prônait la sobriété" par Laure de Sagazan